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Rwanda: le président Paul Kagame ferme des églises, l’Église face à ses responsabilités

La récente fermeture de milliers d’églises au Rwanda, décidée dans le cadre de l’application stricte de la loi de 2018 sur les organisations religieuses, continue de susciter débats et interrogations. Sous l’impulsion du président Paul Kagame, les autorités ont engagé une vaste opération visant principalement des assemblées évangéliques et pentecôtistes jugées non conformes aux normes en vigueur.

Officiellement, les raisons avancées sont claires : sécurité des bâtiments, hygiène, transparence financière et qualification des responsables religieux. Le gouvernement insiste notamment sur la nécessité d’une formation théologique reconnue pour les pasteurs, estimant que l’absence de préparation sérieuse ouvre la porte aux dérives doctrinales, à l’exploitation des fidèles et à des pratiques dangereuses. Sur ce point, l’argument interpelle : peut-on sérieusement conduire un peuple sans être soi-même formé, encadré et responsable ?

Cependant, la méthode et l’ampleur des fermetures interrogent. Pour de nombreux croyants, ces décisions ont été vécues comme brutales, parfois sans dialogue suffisant ni délais d’adaptation. Des communautés se retrouvent dispersées, contraintes de parcourir de longues distances pour prier, tandis que certains responsables dénoncent une approche plus administrative que pastorale.

Il faut pourtant reconnaître une réalité souvent passée sous silence : la prolifération incontrôlée de lieux de culte, parfois installés dans des conditions précaires, sans doctrine solide ni encadrement sérieux, a aussi fragilisé le témoignage chrétien. La formation théologique n’est pas un luxe, mais un garde-fou. Elle protège les fidèles, élève le niveau de l’enseignement biblique et renforce la crédibilité de l’Église dans la société.


Reste une question essentielle, au-delà du cas rwandais. À l’heure où les États exigent plus de rigueur et où les populations attendent des réponses concrètes aux défis sociaux, quel doit être aujourd’hui le véritable rôle de l’Église ?Être seulement un lieu de rassemblement spirituel, ou devenir aussi un espace de formation, de responsabilité et de transformation durable au service du bien commun ?

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